Comment sont désignés les suppléants ? Cette question de prime abord peut paraître anodine, mais il n'en est rien.
Tout d'abord, nous pourrions parler de la prime au député sortant : sorte d'avantage considéré et conféré au député en mandat par son parti politique pour éviter tous les problèmes liés à sa succession.
Tous les Partis politiques de plein droit et de plein exercice peuvent envoyer leur candidat sur une circonscription électorale afin de se voir conforter dans leur représentation nationale. Le choix du suppléant relève de l'étude de trois critères :
1- Des choix stratégiques, et parfois démagogiques, sur la circonscription : savoir s'il est préférable que le suppléant soit un homme ou une femme, savoir s'il est profitable que le candidat soit représentatif au titre d'un mandat de Conseiller général, Maire, adjoint au Maire etc. C'est le coeur de toutes les décisions puisqu'il en va de la représentativité (géographique, étiquette politique, notabilité et de notoriété) du suppléant et ainsi de son apport en terme de voix. Car n'oublions pas que c'est cela qui importe : savoir combien de voix peut apporter un suppléant.
2 - Des accords nationaux entre les partis. Il n'est pas rare, bien au contraire, que les partis s'accordent pour faire un partage plus ou moins équitable sur les circonscriptions, bien souvent profitable aux partis de gouvernement et ce au détriment des petits partis, afin d'éviter les primaires dangereuses dans les circonscriptions réputées difficiles ou en dangers. Cependant, tous les partis de plein exercice peuvent, en théorie, présenter un candidat.
3 - Ensuite, et il va de soi, il y a la compatibilité entre le candidat et le suppléant. Dans notre démocratie aux élections disputées, ce duo doit être suffisamment fort et soudé pour affronter la multiplicité des candidatureset ainsi pouvoir se présenter sereinement aux suffrages des électeurs.
Bien souvent, l'attitude hégémonique des grands partis de gouvernement ( le PS avec ses partenaires : les verts, PRG, PC, etc... : UMP avec les siens : UDF, PRV, etc...) ne favorise que très rarement les petits partis en leur laissant que la portion congrue des circonscriptions et des suppléances.
Il n'est pas rare d'entendre des militants du PS ou de l'UMP dire, à qui veut bien les écouter, que cette circonscription appartient à leur parti et que par conséquence directe le choix du suppléant doit appartenir à leur parti. Cette conception archaïque pour le simple citoyen que je suis, me pousse à considérer que ces militants, même quand ils sont les plus chevronnés, ont parfois du mal à concevoir la réalité du mode de désignation de leur propre parti et en oubliant, volontairement ou pas, que bien souvent, même s'ils le décrient, la désignation du suppléant se négocie à Paris entre les différents états-majors.
En tout état de cause, et pour ma part, aucun candidat et suppléant n'est illégitime, ou "nul" et "débile", à partir du moment où ils participent et concourt au débat et à l'expression démocratique. La République est une et indivisible et aucun parti n'a des droits empiriques sur un territoire de la République. Si l'on n'arrive pas à concevoir cela même dans le mode de désignation d'un suppléant, on doit concevoir l'idée de primaire pour tous les partis et laisser départager les électeurs.
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